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Raul Paz

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Genre latin, cuban, cuba, rumba, world

Il est né en 1969 dans la province de Pinar del Rio, à l'ouest de Cuba. 1969, année érotique en France, année du dixième anniversaire de la révolution castriste à Cuba. Qu'on ne compte pas sur Raul Paz pour dénigrer son île et son peuple.
C'est là qu'il a appris à chanter, aussi loin qu'il s'en souvienne, en écoutant la guajira, cette country music made in Cuba. C'est là qu'il a fait des études musicales très poussées, pendant dix ans, à l'Institut supérieur des arts de La Havane : violon, solfège, harmonie, chant, contrepoint, direction d'orchestre. Une formation très classique, en somme. Mais le jeune Raul se débrouille pour pimenter tout ça. Le rock est interdit sur les radios d'Etat ? « On magouillait pour se brancher sur les radios américaines, se souvient-il. C'est comme ça que j'ai découvert Deep Purple, Led Zeppelin ou Bob Marley ».
Mais Raul a obstinément besoin de changer d'air. En 1996, il quitte Cuba et, après quelques détours en Amérique Latine, il arrive à Paris officiellement pour étudier à la Schola Cantorum. Depuis, tout s'est accéléré. « Le génie de la musique cubaine, dit Raul, c'est d'assimiler ce qui arrive de partout ». Ça tombe bien : au milieu des années 90, tout bouge à Paris, carrefour de toutes les musiques du monde. Raul fréquente la scène latino, joue au New Morning, au Hot Brass, au Bataclan. Il devient l'un des chefs de file de la nouvelle vague cubaine. Coup de chance : il est repéré par Ralph Mercado, fondateur du label RMM, « inventeur » de la salsa aux Etats-Unis. C'est à Miami, qu'il enregistre son premier disque, Cuba Libre. Rebaptisé Imaginate pour le marché américain, le disque est un succès, avec près de 100 000 copies et le « award » de la révélation masculine décerné par la presse américaine.
Raul Paz multiplie les concerts aux Etats-Unis. Sa carrière est bien lancée. Mais, après la mort de Celia Cruz et de Tito Puente, Ralph Mercado met la clef sous la porte. Fin provisoire de l'aventure américaine. Raul rentre à Paris et s'y installe pour de bon. Il prend un appartement près de la place du Colonel Fabien, « histoire de ne pas être trop dépaysé », dit-il, et signe avec Naïve, le label de Patrick Zelnik. Fruit de cette nouvelle collaboration, Mulata paraît en 2003. En France, c'est l'album de la révélation. Raul Paz réinterprète la musique cubaine en y intégrant des beats hip-hop, du dub, des riffs de rock et un groove qui n'appartient qu'à lui. Mulata se vend à 60 000 exemplaires.
Revolución creuse le sillon ouvert avec Mulata. Raul Paz a enregistré ce disque à La Havane, en novembre 2004, dans les studios Egrem, là où sont nés la plupart des petits chefs d’œuvre de la musique cubaine, notamment ceux du Buena Vista Social Club.

« J’adore ces studios, dit Raul, en décrivant le vieux piano délabré qui trône là-bas. Ils ont une réverbération qu’on ne trouve nulle part ailleurs, un son « années 50 » qui n’a jamais été égalé depuis ». Attention : s’il revendique fièrement ses racines, toutes ces musiques qui ont fait la gloire de Cuba, - mambo, boléro, montuno, guajira, cha-cha-cha etc. -, Raul PAZ ne donne pas dans la nostalgie, ni dans le folklore. Il fait la musique cubaine du XXI e siècle. Revolución a été mixé à Paris, avec Danya Vodovoz, pianiste classique russe converti à l’électronique, l’homme qui était déjà aux manettes de Mulata, puis masterisé chez Sterling Sound à New York.
D’une tonalité plus pop que le précédent, ce troisième album de Raul Paz contient quelques titres qui devraient rapidement casser la baraque : Revolución, Buena suerte,Soledad, Mujeres sont de ces mélodies qui vous entrent dans la tête pour ne plus jamais en sortir. La richesse rythmique fait le reste. Quant aux paroles, ce sont de petits joyaux à lire –ou plutôt à écouter - au deuxième ou au troisième degré. « Mes chansons disent toujours plusieurs choses à la fois », dit Raul, adepte du « real maravilloso », ce « réel merveilleux » qui fait la gloire de la littérature latino-américaine. Mais nul besoin de comprendre l’espagnol pour apprécier les textes. On s’en aperçoit pendant les concerts, où ses fans, de plus en plus nombreux, reprennent en chœur des refrains qu’ils chantent, pour la plupart, phonétiquement. « Sur scène, je suis chez moi », dit Raul Paz, qui dégage en concert une énergie, une rage et une passion peu communes. Ce n’est pas pour rien si Alfredo Arias lui a confié un des rôles-titres de Mambo Mystico, sa nouvelle comédie musicale crée ce printemps à Chaillot. Il faut voir Raul en direct live. Là, Raul « Paix » part en guerre. Et tout le monde rend les armes.


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